Matières à réflexion

, par Marie-Claude Ozanne

Le dernier homme de Fukushima

"J’ai touché ce que je n’aurais jamais imaginé possible : le progrès souverain est une illusion et vivre jusque demain n’est jamais certain." Antonio Pagnotta

Deux ans après le début de la catastrophe de Kukushima, ce photo-journaliste publie un livre sur un homme qui a refusé de quitter son territoire, sa terre et les quelques animaux qui ont survécu. Naoto Matsumura est "Le dernier homme de Fukushima". Profondément touché, Antonio Pagnotta ne fait pas seulement un reportage sur cet homme et les mobiles qui l’ont poussé à agir ainsi : il partage son propre vécu liéà cette rencontre, la façon dont elle a fait écho en lui.

Antonio Pagnotta a vécu 20 ans au Japon et il est l’auteur de plusieurs scoops retentissants ; c’est un habitué des zones interdites. A partir d’avril 2011, mu par un puissant lien émotif avec le Japon meurtri, il est entré à maintes reprises dans la zone rouge de Fukushima pour documenter les conséquences des désastres nucléaires.

Article d’Antonio Pagnotta


La troisième révolution industrielle

La pensée de Jeremy Rifkin, économiste et essayiste, est à la fois influente et critiquée. Dans tous les cas elle mérite d’être connue et ses propositions pour échapper à la destruction de tout notre éco-système (et donc à la nôtre) sont limpides. « Une troisième révolution industrielle doit prendre le relais de notre modèle actuel, à bout de souffle », dit-il. A l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, Stéphanie Paoli l’avait invité à s’exprimer et il a choisi de rediffuser cette émission le 23 décembre 2012 :

Ecouter l’émission


La France antisectes sur le divan de Freud ?

Et si notre pays et tout particulièrement la MIVILUDES se confiait à un psychanalyste, qu’est-ce que cela pourrait donner ?...

Voici le bref scénario tel que l’imagine le CICNS (Centre d’Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités)


Film Thrive

de l’américain Kimberly Carter Gamble, documentaire sorti le 11/11/11

Réalisé par Steve Gagné et Kimberly Carter Gamble, ce film porte, entre autres, sur la question de notre fourniture en énergie et fait partie des travaux qui contribuent à modifier notre façon de voir le monde. Or nous avons que si nous changeons notre façon de regarder les choses, les choses que nous regardons changent aussi...

Pour accompagner à la fois le passage par les profondeurs propre à l’hiver et celui vers les promesses de la nouvelle année, c’est un film incontournable à mon avis. Il nous offre des raisons de reprendre confiance en la vie et en l’humain et de vivifier notre capacité d’espérance, mais aussi d’agir en étant mieux outillé(e) pour faire notre part. Certains verront sans doute dans ce documentaire un côté « savant fou » ou même « conspirationniste » qui pourrait les inciter à ne pas aller jusqu’au bout. Plutôt que de se laisser dominer par des a priori, je les invite à s’ouvrir jusqu’au bout ce qui est présenté et à laisser se constituer le puzzle au fur et à mesure. Je n’ai pas compétence pour affirmer si ce film dit ou non la vérité ! Mais j’apprécie qu’il n’attaque pas de supposés grands méchants loups qui causeraient notre malheur en faisant de nous des victimes impuissantes, mais offre plutôt une vision globale de notre monde grâce à laquelle ce que nous vivons actuellement s’articule et prend tout son sens. J’apprécie aussi qu’il nous invite à semer nos propres graines pour contribuer à ce que les choses changent.

en version française :
http://www.youtube.com/watch?v=Ol4qIhp9fmU]

http://blogs.rue89.com/corinne-lepage/2011/07/19/les-assos-pour-lenvironnement-se-font-entuber-en-douce-214879

http://www.thrivemovement.com/


Méditation en prison

Miracle en prison est un merveilleux film documentaire ! C’est l’histoire du plus grand centre de détention d’Asie du sud, la prison surpeuplée de Tihar Jail à New Delhi, construite pour accueillir 6.250 personnes mais qui en abritait près du double (dont les 9/10e en attente de jugement), et d’une femme au caractère trempé, Kiran Bedi, inspectrice générale de la prison. Cette femme, visionnaire et excellente pédagogue, mit en oeuvre d’importantes réformes dès sa prise de poste afin de transformer la mauvaise réputation de la prison de Tihar Jail et surtout de la rendre réellement utile aux personnes et à la société.

C’est un magnifique message d’espoir et de compassion, fondé sur la compréhension que ce n’est pas à l’extérieur de chacun de nous que se trouvent les réponses mais à l’intérieur, et qui démontre magnifiquement la justesse de cette citation :
"Un être humain qui vit dans un niveau vibratoire élevé n’a pas le coeur de maltraiter qui que ce soit." Dorice Neuville

Documentaire de 52 minutes qui peut être vu en 5 parties différentes :
http://www.techniquesdemeditation.com/meditation-vipasanna-en-prison/

Peut être acheté ici (version française seulement en VHS, ne semble pas exister en DVD) :
http://www.pariyatti.org/Bookstore/productdetails.cfm?sku=751163


L’incroyable défi de l’Université des Va-nu-pieds

Au Rajasthan (Inde), une école forme depuis plusieurs décennies des personnes d’origine rurale et sans instruction à devenir ingénieurs en énergie solaire, artisans, dentistes ou médecins dans leur propre village. C’est l’Université des Va-nu-pieds, fondée par Bunker Roy, "la seule université où l’enseignant est l’élève, et l’élève l’enseignant". On y vit et on y travaille selon les préceptes du Mahatma Gandhi. Son rayonnement et ses réalisations sont bouleversants et riches d’enseignements multiples.

Voir la video

Pour illustrer cette oeuvre et ce qu’elle met en lumière, il me vient l’envie de citer ce conte soufi qui met en scène, bien sûr, l’ignorant (en apparence) et sage (en profondeur) Nasruddin :

Nasruddin transportait dans sa barque un érudit particulièrement imbu de sa personne. Alors qu’il venait de s’exprimer maladroitement, l’érudit lui demanda : “N’avez-vous donc jamais étudié la grammaire ?” – “Non” répondit Nasruddin. “Mais alors, vous avez gaspillé la moitié de votre vie !” s’exclama son passager. Quelques instants plus tard Nasruddin se tourna vers l’érudit et lui demanda : “Avez-vous jamais appris à nager ?” – “Non, pourquoi ?” répondit le lettré. “Et bien vous avez gaspillé toute votre vie, nous coulons !” répliqua Nasruddin.


Comprendre la dette publique en quelques minutes

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Ce document bref et très pédagogique permet de comprendre en quelques minutes le fonctionnement de la création monétaire et de la dette publique. Il apporte un éclairage insoupçonné sur la menace qui pèse actuellement sur l’Europe.

Voir le document

Autre version plus ludique et complémentaire

En lien avec ce thème


Parler les choses pour apprendre à être humains

Une fois n’est pas coutume sur ce site, voici un texte abordant l’importance de la parole et de l’échange comme conditions à notre humanité. Il a été écrit par Hannah Arendt dont la pensée politique et philosophique a marqué la première moitié du XXe siècle.

"Nous avons coutume aujourd’hui de ne voir dans l’amitié qu’un phénomène de l’intimité, où les amis s’ouvrent leur âme sans tenir compte du monde et de ses exigences. Rousseau, et non Lessing, est le meilleur représentant de cette conception conforme à l’aliénation de l’individu moderne qui ne peut se révéler vraiment qu’à l’écart de toute vie publique, dans l’intimité et le face-à-face. Ainsi nous est-il difficile de comprendre l’importance politique de l’amitié. Lorsque, par exemple, nous lisons chez Aristote que la philia, l’amitié entre citoyens, est l’une des conditions fondamentales du bien-être commun, nous avons tendance à croire qu’il parle seulement de l’absence de factions et de guerre civile au sein de la cité. Mais pour les Grecs, l’essence de l’amitié consistait dans le discours. Ils soutenaient que seul un "parler ensemble" constant unissait les citoyens en une polis. Avec le dialogue se manifeste l’importance politique de l’amitié et de son humanité propre. Le dialogue (à la différence des conversations intimes où les âmes individuelles parlent d’elles mêmes), si imprégné qu’il puisse être du plaisir pris à la présence de l’ami, se soucie du monde commun, qui reste "inhumain", en un sens très littéral, tant que les hommes n’en débattent pas constamment. Car le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, et il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu’il est devenu objet de dialogue. Quelque intensément que les choses du monde nous affectent, quelque profondément qu’elles puissent nous émouvoir et nous stimuler, elles ne deviennent humaines pour nous qu’au moment où nous pouvons en débattre avec nos semblables. Tout ce qui ne peut devenir objet de dialogue peut bien être sublime, horrible ou mystérieux, voire trouver voix humaine à travers laquelle résonner dans le monde, mais ce n’est pas vraiment humain. Nous humanisons ce qui se passe dans le monde et en nous en en parlant et, dans ce parler, nous apprenons à être humains."

Hannah Arendt, "Vies politiques"


Le négationnisme du réchauffement climatique en question !

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Voici un livre qui présente (enfin !) une réflexion de fond sur le phénomène qu’on peut en effet nommer "négationnisme du réchauffement climatique". C’est un livre construit, documenté, dense mais parfaitement accessible, avec "toute une partie sur le déni, la dissonance cognitive, la procrastination..." que j’aurais aimé écrire moi-même et que je suis heureuse de trouver là ! L’auteure, Florence Leray, se dit être une "pessimiste-optimiste" prête à se battre jusqu’à sa dernière minute de vie pour que change notre modèle de civilisation, seule façon selon elle de s’en sortir. C’est un livre qui fait du bien car d’un côté il nomme certaines vérités et dévoile nos fonctionnements collectifs et individuels, de l’autre il ne désespère pas, stimule notre capacité à prendre nos responsabilités et ouvre la porte sur d’autres possibles...

Pour en savoir plus


Quels enfants laisserons-nous à la planète ?, film d’Anne Barth sur une expérience éducative peu commune

Ce film est un document didactique qui ouvre une porte sur un monde pédagogique éclairé et inspirant. Présentant le travail d’une maîtresse des écoles qui exerce au centre "Les Amanins" dans la Drôme, il nous renvoie à l’enjeu même de l’éducation, la nôtre et celle des générations futures, et présente une pédagogie centrée sur la nécessité d’apprendre à faire ensemble (à coopérer) et sur l’importance de l’éducation pour élever les consciences. Il aborde des problématiques fondamentales de façon sensible, pertinente et très stimulante pour la réflexion.

"C’est l’histoire d’une rencontre entre deux femmes passionnées d’éducation. L’une la met en pratique dans sa classe, l’autre souhaite la transmettre par l’image et la poésie. Elles ont décidé de faire ce film témoin pour partager leurs valeurs, leur respect de l’enfance et leur conviction du rôle important de l’adulte dans l’éducation."

Pour en savoir plus

Le DVD peut être acquis auprès de l’association Madyanima Terre & Conscience, tél : 04 75 59 10 97 (en indiquant le nombre d’exemplaires souhaité et vos coordonnées complètes) au prix de 18 € + frais de port éventuels.

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Le jeu de la mort

"Le jeu de la mort" est un documentaire qui met en scène une télé-réalité fictive où des concurrents ont le pouvoir d’administrer à des personnes des chocs électriques de plus en plus violents.

Le réalisateur et producteur français Christophe Nick a reproduit là l’expérience scientifique bien connue de Milgram, reprise dans le film "I comme Icare" et qu’il m’arrive de citer lors de mes stages.

L’être humain a-t-il du mal à être empathique avec ses congénères ? C’est l’une des nombreuses questions que l’on peut se poser à propos de cette expérience. Alors que des singes rhésus peuvent refuser, plusieurs jours durant, de tirer sur une chaîne libérant de la nourriture si cette action envoie une décharge électrique à un compagnon dont ils voient les convulsions — préférant ainsi endurer la faim qu’assister à la souffrance d’un semblable —il semble que l’être humain conditionné ait un accès difficile à ses capacités en la matière ou que l’issue du conflit intérieur dans lequel le met la situation ne soit pas, le plus souvent, le soutien à son partenaire...

Réalisée entre 1960 et 1963 par le psychologue américain Stanley Milgram, cette expérience cherchait à évaluer le degré d’obéissance d’un individu à une autorité qu’il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle induit des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet.

L’expérimentateur amène le sujet à infliger des chocs électriques à un autre participant, l’apprenant, lequel est en fait un acteur. On constate alors que la majorité des participants continuent à infliger les chocs jusqu’au maximum prévu (450 V) en dépit des plaintes de l’acteur.

Lors des premières expériences menées par Stanley Milgram 62,5 % (25 sur 40) des sujets menèrent l’expérience à terme en infligeant à trois reprises les électrochocs de 450 volts ! Tous les participants acceptèrent le principe annoncé et, éventuellement après encouragement, atteignirent les 135 volts. La moyenne des chocs maximaux (niveaux auxquels s’arrêtèrent les sujets) fut de 360 volts. Toutefois, chaque participant s’était à un moment ou à un autre interrompu pour questionner le professeur. Beaucoup présentaient des signes patents de nervosité extrême et de réticence lors des derniers stades (protestations verbales, rires nerveux, etc.).

Pour "Le jeu de la mort" 80 personnes au total ont été invitées à participer à ce qu’on leur a présenté comme étant une émission-pilote de télé-réalité. On leur a dit qu’elles ne gagneraient rien et que l’émission ne serait pas diffusée.

Un candidat enfermé dans une pièce doit y retenir des associations de mots. Un autre candidat, sur le plateau, lui pose des questions. Si le premier donne une réponse erronée, le second lui envoie une décharge électrique. L’intensité des décharge commence à 20 volts et augmente à chaque mauvaise réponse.

À 80 volts, on entend le premier cri du comédien. Le candidat questionneur ignore totalement qu’il s’agit de voix enregistrées et que l’autre a depuis longtemps quitté les lieux.
À 180 volts le candidat enfermé prétend que la douleur est devenue insoutenable et qu’il veut arrêter. « Là, je veux arrêter ! », hurle-t-il. Mais sous la pression de l’animatrice, plusieurs concurrents continuent.
À 320 volts la voix du comédien annonce qu’il n’en peut plus et qu’il ne répondra plus aux questions.
À 380 volts il n’y plus aucune réaction.

Malgré leurs réserves, toujours soumis à la pression de l’animatrice, 81 % des candidats continuent d’administrer des décharges jusqu’au maximum de 460 volts. Sur les 80 participants, 16 ont refusé d’obéir aux règles du jeu et ont quitté le studio en cours d’enregistrement. Plusieurs participants ont affirmé avoir senti qu’il s’agissait d’une fausse émission-pilote. Une femme, qui est sortie en pleurs de l’expérience, s’est excusée auprès du comédien qu’elle croyait être sa victime.

Pour en savoir plus :

Expérience de Milgram

Le jeu de la mort (documentaire)

Des reproductions de l’expérience à travers le monde (en Italie, Jordanie, Allemagne de l’Ouest, Afrique du Sud, Autriche, Espagne et Australie) et à différentes époques (de 1967 à 1985) ont validé les résultats obtenus par Milgram.

En 2006, ABC News a reproduit l’expérience de Milgram et a obtenu des résultats similaires (65 % des hommes et 73 % des femmes ont suivi les instructions jusqu’au bout).

En 2008, Jerry Burger de l’Université de Santa Clara aux États-Unis a reproduit l’expérience en obtenant un taux de 70 % d’obéissance et ces personnes étaient prêtes à aller au-delà de la limite de 150 V si l’expérimentateur le désirait.


De l’empathie chez les animaux ?...

Le primatologue Frans de Waal fait partie des chercheurs qui s’intéressent de près à l’empathie chez les animaux. Il démontre que le couple compétition / agressivité n’est pas le seul modèle de fonctionnement du peuple animal et que "loin d’être le propre de l’homme, le souci de l’autre est partagé par les grands singes, les éléphants et d’autres mammifères" (Pierre Le Hir, Le Monde, 26/02/10). Son livre démontre s’il en est besoin ceci : "Affirmer que l’être humain serait supérieur aux autres règnes du vivant est aussi dérisoire que de prétendre que le mérite de l’eau revient plus à l’oxygène qu’à l’hydrogène qui la composent ! (Sghaier Noury).

Deux articles du journal Le Monde ont abordé les écrits de ce chercheur.

Des animaux doués d’empathie (article publié le 26/02/10) :

C’est une scène de la vie ordinaire. Une aveugle, désorientée, cherche son chemin. Une voyante vient à son secours, la guidant de la voix. L’infirme la remercie par de bruyantes effusions. Scène ordinaire, à cela près qu’elle se passe en Thaïlande, dans un parc naturel, et que les deux protagonistes sont des éléphantes. Cet exemple est l’un de ceux dont fourmille le nouveau livre de l’éthologue Frans de Waal, spécialiste des primates et professeur de psychologie à Atlanta (Géorgie). Intitulée L’Age de l’empathie, cette passionnante leçon de choses, bousculant les frontières entre l’homme et l’animal, est aussi un plaidoyer pour le « vivre-ensemble » à l’usage de nos sociétés.

L’article complet ici (accès payant et abonnés)

Des rouages biologiques mal connus (article publié le 27/02/10) :

Sujet longtemps tabou, l’empathie animale fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches, portant notamment sur ses mécanismes neurobiologiques. Rien de commun, en effet, avec le jeu des phéromones qui règle la vie des insectes sociaux comme les abeilles ou les fourmis. Ni même avec le bénéfice coopératif qui pousse les loups à chasser en meute, ou les poissons à se regrouper en banc pour échapper à leurs prédateurs.
Dans les formes les plus élaborées d’empathie, supposant que le sujet adopte le point de vue de l’autre, Frans de Waal fait l’hypothèse de la « coémergence » de facultés cognitives complexes, dont la pierre de touche est l’aptitude à se reconnaître dans un miroir.

L’article complet ici (accès payant et abonnés)

Et pour illustrer un pan de ce vaste sujet, cet incroyable document video sur l’empathie d’un léopard pour un bébé singe dont il a tué la mère en chassant

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L’empathie et les neurones miroir

Depuis qu’un certain mode de fonctionnement neuronal a été identifié par des chercheurs italiens, on comprend mieux comment fonctionne le phénomène de l’empathie. Cette découverte éclaire aussi le processus d’apprentissage, et certains troubles dans la relation aux autres, en particulier l’autisme.

Il y a là belle(s) matière(s) à réflexion, y compris sur notre mode de vie et ce qu’il génère...

Deux videos à voir :

un document canadien

un document français présentant une interview de Patrice Van Eersel


Le secret de l’économie suisse

Ou : face à la crise, la solution des monnaies...

Cette video nous présente l’analyse de Bernard Lietaer, ancien haut fonctionnaire de la banque centrale de Belgique, acteur éminent du passage à l’euro, membre du club de Rome, spécialiste des questions monétaires internationales, expert des monnaies complémentaires et auteur d’une dizaine d’ouvrages (dont « The future of Money », traduit dans 18 langues).


Solutions locales pour un désordre global

Le dernier film de Coline Serreau est un documentaire qui dispense à toute vitesse des informations majeures à en avoir le souffle coupé. Pour une fois je sors de ma réserve et affiche clairement mon avis : il est À VOIR ABSOLUMENT par toutes les personnes qui se sentent un tant soit peu concernées par la marche du monde !

« Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. » Coline Serreau

Bande annonce du film


Colère de femme et hommage d’hommes

Le revue Nouvelles Clés a interrogé la réalisatrice Coline Serreau au sujet de son prochain film (en fait une série de six documentaires intitulé "La Terre vue de la terre - Solutions locales pour un désordre global", présenté ci-dessus). C’est fort, sensé, édifiant, renversant et c’est ici :

Cessons d’écraser le féminin

De l’autre côté de l’Atlantique, des hommes ont voulu rendre hommage aux femmes et leur demander pardon pour les souffrances infligées et les erreurs commises. Ils ont réalisé une video touchante et vibrante :

Chères femmes

(Si la page ne s’ouvre pas directement sur la video, choisir "videos" dans la liste puis demander le classement "les plus populaires".)


La clé du changement

Voici un petit film remarquable, réalisé par la TIDES FOUNDATION (en anglais sous titré français) :

"L’histoire des choses"

Il présente de façon limpide là où nous nos sociétés se sont fourvoyées par inconscience autant par choix délibéré, et donne la clé du changement. Philippe Derudder écrit à ce sujet : "A chacun de voir comment il peut utiliser cette clé dans son quotidien, sans attendre que "les autorités" agissent, car malheureusement si elles agissent c’est le plus souvent dans le sens qui nous conduit à la catastrophe..."

Ce document bien fait, au contenu à la fois consternant (c’est le prix de la confrontation à la réalité) et stimulant (car il nous montre où est notre pouvoir d’action en tant qu’humains), gagne à mon sens à être diffusé largement. A vous de voir...


Réinstaurer le sens du sacré

Je cède ici la parole à Pierre Rabhi. Selon lui avoir le sens du sacré c’est répondre de façon positive aux critères suivants :

• se sentir relié aux autres et à la nature dans la solidarité et la complémentarité ;

• porter les valeurs de la tolérance, de l’entraide et de la coopération ;
être pleinement présent à chaque instant que nous vivons ;

• responsabiliser notre existence avec honnêteté, sincérité et douceur ;
incarner nos engagements et nos valeurs dans les actes simples et quotidiens ;

• garder confiance quels que soient les évènements que nous traversons, tirer les éléments positifs des épreuves et les leçons qui nous seront utiles pour avancer ;

• nous laisser surprendre par les cadeaux de la vie.

Je vous suggère pour compléter cette liste ce bref extrait de la conférence qu’il a donnée avec Nicolas Hulot après la parution de leur ouvrage commun "Graines de possible".

Pour finir j’ai plaisir à citer cette présentation de Pierre Rabhi par le grand violoniste et humaniste que fut Yehudi Menuhin :

"De ses propres mains, Pierre Rabhi a transmis la vie au sable du désert... Cet homme très simplement saint, d’un esprit net et clair, dont la beauté poétique du langage révèle une ardente passion, a fécondé des terres poussiéreuses avec sa sueur, par un travail qui rétablit la chaîne de vie que nous interrompons continuellement." Yehudi Menuhin


La crise de la démesure

Voici un lien vers un entretien avec Patrick Viveret, conseiller référendaire à la Cour des Comptes, écrivain et philosophe, pour la revue Nouvelles Clés :

La crise de la démesure

Y sont notamment abordés les thèmes suivants :
- Société de consommation et société de consolation
- Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle collective ?


Cerveau droit, cerveau gauche : histoire d’une expérience d’éveil

Suite à un accident vasculaire cérébral survenu le 10 décembre 1996 dans l’hémisphère gauche de son cerveau, le témoignage aussi touchant que passionnant de la neurobiologiste américaine Jill Bolte Taylor, sur l’expérience qu’elle a vécue à cette occasion.

Pendant quatre heures, elle va assister à la dégradation de ses facultés mentales et physiques. La partie gauche de son cerveau, qui est celle de la raison, de l’analyse et du langage, dysfonctionne de plus en plus et laisse le champ libre à une forme de perception axée uniquement, par moments, sur les capacités et les spécificités de son hémisphère droit.

Les retentissements de ce que cette femme nous partage sont profonds et tout autant scientifiques que philosophiques car Jill Bolte Taylor semble avoir vécu, à travers la "plongée" dans l’univers de son l’hémisphère droit, une expérience extrêmement forte que l’on peut qualifier d’expérience d’éveil.

Sur un plan très concret, l’intérêt de favoriser au quotidien une meilleure communication et un meilleur équilibre entre hémisphère droit et hémisphère gauche de notre cerveau me semble illustré de façon particulièrement touchante dans ce témoignage exceptionnel.

Voici la vidéo de la conférence en V.O. sous-titrée (18’25’)


Beauté sonore dans le métro

Récemment, par un matin froid, un musicien de rue était debout dans l’entrée de la station « Enfant Plaza » du métro de Washington. Il a commencé à jouer du violon.

Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la
2e Partita de Jean-Sebastien Bach, puis l’Ave Maria de Frantz Schubert, du Manuel Ponce, du Jules Massenet et, à nouveau, du J-S. Bach.

A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont
traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur travail.

Après trois minutes, un homme d’âge mûr a remarqué qu’un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s’est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant.

Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en
continuant droit devant, une femme lui a jeté l’argent dans son petit pot.

Peu après, un quidam s’est appuyé sur le mur d’en face pour l’écouter mais
il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en
retard.

Celui qui a marqué le plus d’attention fut un petit garçon qui devait avoir
trois ans. Sa mère l’a tiré, pressé mais l’enfant s’est arrêté pour regarder
le violoniste. Finalement sa mère l’a secoué et agrippé brutalement afin que
l’enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête
tournée vers le musicien.

Cette scène s’est répétée plusieurs fois avec d’autres enfants. Et les
parents, sans exception, les ont forcés à avancer.

Durant les trois quarts d’heure de jeu du musicien, seules sept personnes se
sont vraiment arrêtées pour l’écouter un temps. Une vingtaine environ lui a
donné de l’argent tout en continuant leur marche. Il a ainsi récolté 32 dollars.

Personne ne l’a remarqué quand il a eu fini de jouer. Personne n’a applaudi.
Et sur plus de mille passants, seule une personne l’a reconnu...

Ce violoniste était Joshua Bell, un des meilleurs musiciens de la planète à l’heure actuelle. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais
écrites, sur un Stradivarius valant 3,5 millions de dollars. Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston était « sold out » avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.

Ceci est une histoire vraie. L’expérience a été organisée par le « Washington
Post » dans le cadre d’une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d’action des gens. Les questions étaient :
- dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté et nous arrêtons-nous pour l’apprécier ?
- reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ?

Une des conclusions possibles de cette expérience pourrait être : si nous n’avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, alors à côté de combien d’autres choses passons-nous ?...

Voyez ici une video de cette expérience (avec d’autres commentaires)